Le grand écart par Clive Charlton, membre de l'ELL Matha
L’actualité a été dominée depuis le 12 janvier, à juste titre d’ailleurs, par la catastrophe qui a frappé Haïti. Pourtant la vie continue : l’Open d’Australie, le championnat d’Europe de Handball, le Tournoi des Six Nations passionnera bientôt les amateurs de rugby et, bien sûr, les Jeux Olympiques d’Hiver à Vancouver. Des images insoutenables nous parviennent des Antilles ; des images de pleine vie, de sportifs au sommet de leurs capacités physiques, nous arrivent d’Australie, d’Autriche, du Canada et d’ailleurs. Nous devons faire le grand écart !
Ce grand écart me rappelle une exhortation de l’apôtre Paul : « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent. » ou, comme le dit une traduction plus récente, « Partagez la joie de ceux qui sont dans la joie, les larmes de ceux qui pleurent. » (Romains 12.15) N’est-ce pas à cela que nous sommes appelés ? Partager sincèrement le vécu des autres : Compassion (littéralement : souffrir avec) pour ceux qui souffrent ; partage de la joie de ceux qui ont de quoi être reconnaissants. En fin de compte, plutôt que d’un grand écart ne s’agit-il pas d’un équilibre sain ? Jamais d’abattement total car il y a toujours un sujet de joie ailleurs ; jamais d’euphorie insouciante car nous n’oublions pas que d’autres souffrent. Joie et peine feront ainsi naturellement partie de la vie quotidienne.
L’Australie, l’Autriche et le Canada sont loin. Haïti est loin également. Que nous soyons sensibles aussi aux joies et aux peines tout près de nous.
Haïti !
Il est impossible de ne pas évoquer la nouvelle catastrophe qui frappe Haïti, mais que dire ? Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ? Sans doute devons-nous reconnaître que nous ne comprenons pas. Jésus souffre et meurt sur une croix : Jésus, « Emmanuel », « Dieu avec nous »… Les larmes et la douleur, il les connaît. Mais la souffrance reste un mystère, un mystère douloureux. Alors que je m’interrogeais ainsi, quelqu’un m’a remis le texte d’une prière préparée par la « Plate-Forme Haïti » de la Fédération Protestante de France. Plutôt que d’essayer de répondre aux questions il est parfois plus profitable de prier. Alors prions…
Seigneur,
Nous ne comprenons pas pourquoi le sort s’acharne sur le peuple haïtien. Pourquoi à la pauvreté, à la corruption, à l’instabilité politique, s’ajoutent des catastrophes naturelles à répétition : cyclones, glissements de terrain et aujourd’hui tremblement de terre dévastateur. Mais parce que nous ne comprenons pas, nous n’avons pas d’autre recours, Seigneur, que de nous accrocher à tes promesses. Tu nous dis au travers des Ecritures que tu n’es pas sourd aux cris des malheureux qui montent vers toi.
Seigneur, aujourd’hui, nous t’en supplions, entends la détresse du peuple haïtien, entends la peine des hommes et des femmes de bonne volonté à travers le monde qui partagent cette souffrance.
Nous te remettons les nombreuses victimes de ce drame, pour que tu les accueilles en ton amour. Nous te remettons les survivants affectés par la catastrophe, les blessés, les personnes endeuillées, les sans abris, ceux qui cherchent encore leurs disparus. Nous te remettons les Haïtiens dans le reste du pays et ceux de la diaspora, pour que cette catastrophe renforce la volonté de solidarité et de partage plutôt que le chacun pour soi.
Nous te prions pour les sauveteurs qui s’activent sur place dans cette course contre la montre pour retrouver des survivants, prendre soin des blessés, mettre en place les mesures d’urgence pour sécuriser la population. Nous te prions pour que la solidarité internationale, celle des Etats et celle des particuliers, soit à la hauteur de ce drame et des efforts de réparations et de reconstruction qui seront nécessaires.
Nous te prions pour que cette solidarité de circonstance ne cache pas une fois de plus le désintérêt des nations riches pour le développement des pays les plus pauvres. Nous te prions pour que tu suscites des vocations d’ordre politique pour accompagner le pays vers sa libération de la misère et de la violence.
Que les Eglises chrétiennes en Haïti apportent une parole de consolation, mais aussi des gestes prophétiques pour annoncer et vivre au quotidien la justice et la paix. Oui, Seigneur, nous te prions pour que d’un mal puisse naître un bien et que Haïti puisse sortir renouvelée de la terrible épreuve qu’elle traverse actuellement.
Seigneur, ne nous abandonne pas dans la détresse. Nous mettons notre confiance en toi et dans l’amour que tu nous as témoigné en Jésus-Christ.
Amen
Mes meilleurs vœux Par Clive Charlton, membre de l'EEL Matha
C’est la saison des vœux ! Je ne vous apprends rien. Une nouvelle année s’ouvre et la tradition veut que, au cours de ce premier mois, nous présentions nos vœux aux amis, aux voisins, aux collègues et à tous ceux que nous côtoyons de près ou de loin. Alors on y va : « Tous mes vœux et, surtout, bonne santé ! » Je me dis que c’est sympathique mais, avouons-le, ce n’est que sympathique, cela ne change pas grand-chose.
C’est en pensant à la nature limitée de nos vœux qu’un texte biblique m’est venu à l’esprit. L’apôtre Paul avait très à cœur ses compatriotes, les Juifs, ceux qui n’avaient pas su reconnaître en Jésus le Messie, le Sauveur tant attendu. Ce souci, il l’exprime d’une façon frappante dans une de ses lettres. Il écrit : « Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. » (Romains 10.1)
Voilà un vœu et non des moindres ! La santé, qui prime dans nos échanges annuels, est remplacée par le salut ! La santé est précieuse mais un jour ou l’autre elle nous lâchera : Le salut, quant à lui, a une portée tout autre ! Quand on s’arrête pour réfléchir un instant l’importance de notre relation avec Dieu, de la paix et du pardon qui ne se trouvent qu’en Jésus, est flagrante, elle est même vitale. Notons aussi que Paul ne se contente pas de formuler un vœu, un souhait, il le transforme en prière, une prière sans doute persévérante et fervente.
Alors quels vœux allons-nous échanger dans les jours qui viennent : vœux de santé ou vœux de salut ? Sans doute les uns n’excluent pas les autres mais ce sont ces derniers qui sont trop souvent oubliés. Et nos vœux seront-ils sympathiques sans plus ou les transformerons-nous en prière persévérante, fervente ? De tels vœux pourraient changer des choses.
La trêve des confiseurs…
Par Clive Charlton, membre de l'EEL Matha
Voilà une expression que je trouve intrigante : La trêve des confiseurs… Tout le monde sait qu’elle s’étend de Noël au nouvel an, les professionnels du ballon rond prennent du repos, nos hommes et femmes politiques se font discrets, la bourse tourne au ralenti… Mais d’où vient l’expression et pourquoi « des confiseurs » ?
Certains font remonter l’aspect « trêve » à Saint Louis au 13ème siècle. Il aurait, au nom de l’Eglise, imposé la « Trêve de Dieu », la cessation des combats guerriers pendant la période de l'Avent à Noël. D’autres voient une origine plus récente, évoquant les luttes politiques acharnées dans les années 1870 et le contexte de crise économique. Un extrait des mémoires du Duc de Broglie, un homme politique de l’époque, semble confirmer cette piste. « On convint de laisser écouler le mois de décembre » écrit-il en 1874, « pour ne pas troubler par nos débats la reprise d'affaires commerciales qui, à Paris et dans les grandes villes, précède toujours le jour de l'an. On rit un peu de cet armistice, les mauvais plaisants l'appelèrent la trêve des confiseurs. »
D’autres encore rappellent les rencontres étonnantes entre troupes anglaises, françaises et allemandes lors de la première guerre mondiale. Le jour de Noël des troupes ennemies fraternisaient sur le no man’s land qui séparait leurs tranchées respectives !
Et si nous profitions de cette trêve pour enterrer nos haches de guerre ? Entre Noël, qui fête la venue du « Prince de Paix », et la nouvelle année, un nouveau départ, ne serait-ce pas le moment idéal de demander pardon, s’il le faut. Une trêve suppose la reprise de combats ultérieurement. Soyons plus ambitieux : cherchons la paix, une paix durable.
Meilleurs vœux pour une bonne année 2010 !
Vaccination ?
Par Clive Charlton, membre de l'EEL Matha
Faut-il se faire vacciner contre la grippe H1N1 ? Au moment où j’écris ces lignes le débat fait rage. Qu’en sera-t-il quand vous les lirez ? Peut-être verrons-nous plus clair… je l’espère.
Dans un débat entendu sur les ondes de France Info un spécialiste insistait sur le fait que se faire vacciner n’est pas seulement une question de santé personnelle mais aussi de santé publique. Plus nous serons nombreux à nous faire vacciner moins la grippe pourra se répandre. La vaccination est un geste citoyen ! Sans doute chacun décidera en fonction des conclusions qu’il tirera des nombreux arguments avancés. Une chose au moins est claire : nous avons le choix, un choix pour lequel nous sommes responsables. D’autres vaccinations ne posent pas tant de questions. La vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite est obligatoire et remboursée par la Sécurité Sociale !
Le Petit Robert indique qu’un vaccin est une « substance préparée à partir de microbes, virus ou parasites… qui, inoculée à un individu, lui confère une immunité contre le germe correspondant. » Une petite dose stimule nos défenses naturelles qui peuvent alors affronter la maladie si elle arrive.
Et je m’interroge : serions-nous, du moins beaucoup d’entre nous, vaccinés contre la religion chrétienne ? Une vaccination que nous n’aurions pas choisie mais qui ne serait pas moins efficace pour autant. La petite dose, presque tout le monde l’a eue : un peu de catéchisme, quelques cérémonies lors de fêtes ou de deuils… Et cette petite dose a plus que suffi… on n’en veut plus ! Alors on se dit non pratiquant ou incroyant. Mais a-t-on vraiment choisi ou était-on simplement vacciné ?
Noël s’approche. Tout le monde sait que derrière toutes les festivités qui s’annoncent et le folklore qui les entoure il est question de la naissance de Jésus. Serait-ce l’occasion de mettre de côté notre « vaccination religieuse » pour creuser un peu, chercher le vrai Jésus, un Jésus qui ne reste pas bébé mignon dans une crèche… un Jésus qui peut (et veut !) nous changer la vie ?
Une année à fruits
Par Clive Charlton, membre de l'EEL Matha
Après des années passées en ville je découvre à la retraite la campagne. Or, on m’explique que cette année est une « année à fruits ». L’année dernière il n’y avait rien sur les arbres, ou très peu, cette année les branches se ploient sous le poids. La générosité de nombreux amis fait que je n’ai pas mangé autant d’abricots, de cerises, de prunes, de poires, de pommes et de figues de ma vie ! Qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Aurons-nous une nouvelle année faste ? Personne ne le sait.
Il y a des moments favorables et il faut en profiter, qui sait ce que demain nous apportera ! Bien sûr il est possible d’abuser une telle approche de la vie mais il est vrai que certains moments favorables ne se reproduiront peut-être jamais et en profiter relève non d’un opportunisme malsain mais d’une sagesse élémentaire. Il serait dommage de ne pas profiter de l’abondance de fruit tant qu’il y en a !
Je me suis demandé si dans le domaine spirituel il n’y avait pas des « années à fruits » ; des moments favorables. Je pense que oui. Il y a parfois des événements qui nous bousculent : des choses positives, heureuses ; une naissance, un mariage, une réussite à peine espérée… Il y en a parfois d’autres plus difficiles, douloureuses : une maladie, un accident, un deuil… Il y a des années où de telles choses arrivent comme en série, positives et/ou négatives. Serait-ce alors une « année à fruits » ? Dieu serait-il en train de nous interpeller, de nous inviter à réfléchir, voire même de nous tendre les bras ? Il nous faut saisir ces moments avant que la bousculade de la vie nous emporte et nous accapare. Jésus se présente comme quelqu’un qui arrive chez un ami : « Voilà, » disait-il, « je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je mangerai avec lui et il mangera avec moi. » Entendons-nous le toc, toc ? La poignée est de notre côté… à nous d’ouvrir !
Le grand écart par Clive Charlton, membre de l'ELL Matha
L’actualité a été dominée depuis le 12 janvier, à juste titre d’ailleurs, par la catastrophe qui a frappé Haïti. Pourtant la vie continue : l’Open d’Australie, le championnat d’Europe de Handball, le Tournoi des Six Nations passionnera bientôt les amateurs de rugby et, bien sûr, les Jeux Olympiques d’Hiver à Vancouver. Des images insoutenables nous parviennent des Antilles ; des images de pleine vie, de sportifs au sommet de leurs capacités physiques, nous arrivent d’Australie, d’Autriche, du Canada et d’ailleurs. Nous devons faire le grand écart !
Ce grand écart me rappelle une exhortation de l’apôtre Paul : « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent. » ou, comme le dit une traduction plus récente, « Partagez la joie de ceux qui sont dans la joie, les larmes de ceux qui pleurent. » (Romains 12.15) N’est-ce pas à cela que nous sommes appelés ? Partager sincèrement le vécu des autres : Compassion (littéralement : souffrir avec) pour ceux qui souffrent ; partage de la joie de ceux qui ont de quoi être reconnaissants. En fin de compte, plutôt que d’un grand écart ne s’agit-il pas d’un équilibre sain ? Jamais d’abattement total car il y a toujours un sujet de joie ailleurs ; jamais d’euphorie insouciante car nous n’oublions pas que d’autres souffrent. Joie et peine feront ainsi naturellement partie de la vie quotidienne.
L’Australie, l’Autriche et le Canada sont loin. Haïti est loin également. Que nous soyons sensibles aussi aux joies et aux peines tout près de nous.
Haïti !
Il est impossible de ne pas évoquer la nouvelle catastrophe qui frappe Haïti, mais que dire ? Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ? Sans doute devons-nous reconnaître que nous ne comprenons pas. Jésus souffre et meurt sur une croix : Jésus, « Emmanuel », « Dieu avec nous »… Les larmes et la douleur, il les connaît. Mais la souffrance reste un mystère, un mystère douloureux. Alors que je m’interrogeais ainsi, quelqu’un m’a remis le texte d’une prière préparée par la « Plate-Forme Haïti » de la Fédération Protestante de France. Plutôt que d’essayer de répondre aux questions il est parfois plus profitable de prier. Alors prions…
Seigneur,
Nous ne comprenons pas pourquoi le sort s’acharne sur le peuple haïtien. Pourquoi à la pauvreté, à la corruption, à l’instabilité politique, s’ajoutent des catastrophes naturelles à répétition : cyclones, glissements de terrain et aujourd’hui tremblement de terre dévastateur. Mais parce que nous ne comprenons pas, nous n’avons pas d’autre recours, Seigneur, que de nous accrocher à tes promesses. Tu nous dis au travers des Ecritures que tu n’es pas sourd aux cris des malheureux qui montent vers toi.
Seigneur, aujourd’hui, nous t’en supplions, entends la détresse du peuple haïtien, entends la peine des hommes et des femmes de bonne volonté à travers le monde qui partagent cette souffrance.
Nous te remettons les nombreuses victimes de ce drame, pour que tu les accueilles en ton amour. Nous te remettons les survivants affectés par la catastrophe, les blessés, les personnes endeuillées, les sans abris, ceux qui cherchent encore leurs disparus. Nous te remettons les Haïtiens dans le reste du pays et ceux de la diaspora, pour que cette catastrophe renforce la volonté de solidarité et de partage plutôt que le chacun pour soi.
Nous te prions pour les sauveteurs qui s’activent sur place dans cette course contre la montre pour retrouver des survivants, prendre soin des blessés, mettre en place les mesures d’urgence pour sécuriser la population. Nous te prions pour que la solidarité internationale, celle des Etats et celle des particuliers, soit à la hauteur de ce drame et des efforts de réparations et de reconstruction qui seront nécessaires.
Nous te prions pour que cette solidarité de circonstance ne cache pas une fois de plus le désintérêt des nations riches pour le développement des pays les plus pauvres. Nous te prions pour que tu suscites des vocations d’ordre politique pour accompagner le pays vers sa libération de la misère et de la violence.
Que les Eglises chrétiennes en Haïti apportent une parole de consolation, mais aussi des gestes prophétiques pour annoncer et vivre au quotidien la justice et la paix. Oui, Seigneur, nous te prions pour que d’un mal puisse naître un bien et que Haïti puisse sortir renouvelée de la terrible épreuve qu’elle traverse actuellement.
Seigneur, ne nous abandonne pas dans la détresse. Nous mettons notre confiance en toi et dans l’amour que tu nous as témoigné en Jésus-Christ.
Amen
Mes meilleurs vœux Par Clive Charlton, membre de l'EEL Matha
C’est la saison des vœux ! Je ne vous apprends rien. Une nouvelle année s’ouvre et la tradition veut que, au cours de ce premier mois, nous présentions nos vœux aux amis, aux voisins, aux collègues et à tous ceux que nous côtoyons de près ou de loin. Alors on y va : « Tous mes vœux et, surtout, bonne santé ! » Je me dis que c’est sympathique mais, avouons-le, ce n’est que sympathique, cela ne change pas grand-chose.
C’est en pensant à la nature limitée de nos vœux qu’un texte biblique m’est venu à l’esprit. L’apôtre Paul avait très à cœur ses compatriotes, les Juifs, ceux qui n’avaient pas su reconnaître en Jésus le Messie, le Sauveur tant attendu. Ce souci, il l’exprime d’une façon frappante dans une de ses lettres. Il écrit : « Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. » (Romains 10.1)
Voilà un vœu et non des moindres ! La santé, qui prime dans nos échanges annuels, est remplacée par le salut ! La santé est précieuse mais un jour ou l’autre elle nous lâchera : Le salut, quant à lui, a une portée tout autre ! Quand on s’arrête pour réfléchir un instant l’importance de notre relation avec Dieu, de la paix et du pardon qui ne se trouvent qu’en Jésus, est flagrante, elle est même vitale. Notons aussi que Paul ne se contente pas de formuler un vœu, un souhait, il le transforme en prière, une prière sans doute persévérante et fervente.
Alors quels vœux allons-nous échanger dans les jours qui viennent : vœux de santé ou vœux de salut ? Sans doute les uns n’excluent pas les autres mais ce sont ces derniers qui sont trop souvent oubliés. Et nos vœux seront-ils sympathiques sans plus ou les transformerons-nous en prière persévérante, fervente ? De tels vœux pourraient changer des choses.
La trêve des confiseurs…
Par Clive Charlton, membre de l'EEL Matha
Voilà une expression que je trouve intrigante : La trêve des confiseurs… Tout le monde sait qu’elle s’étend de Noël au nouvel an, les professionnels du ballon rond prennent du repos, nos hommes et femmes politiques se font discrets, la bourse tourne au ralenti… Mais d’où vient l’expression et pourquoi « des confiseurs » ?
Certains font remonter l’aspect « trêve » à Saint Louis au 13ème siècle. Il aurait, au nom de l’Eglise, imposé la « Trêve de Dieu », la cessation des combats guerriers pendant la période de l'Avent à Noël. D’autres voient une origine plus récente, évoquant les luttes politiques acharnées dans les années 1870 et le contexte de crise économique. Un extrait des mémoires du Duc de Broglie, un homme politique de l’époque, semble confirmer cette piste. « On convint de laisser écouler le mois de décembre » écrit-il en 1874, « pour ne pas troubler par nos débats la reprise d'affaires commerciales qui, à Paris et dans les grandes villes, précède toujours le jour de l'an. On rit un peu de cet armistice, les mauvais plaisants l'appelèrent la trêve des confiseurs. »
D’autres encore rappellent les rencontres étonnantes entre troupes anglaises, françaises et allemandes lors de la première guerre mondiale. Le jour de Noël des troupes ennemies fraternisaient sur le no man’s land qui séparait leurs tranchées respectives !
Et si nous profitions de cette trêve pour enterrer nos haches de guerre ? Entre Noël, qui fête la venue du « Prince de Paix », et la nouvelle année, un nouveau départ, ne serait-ce pas le moment idéal de demander pardon, s’il le faut. Une trêve suppose la reprise de combats ultérieurement. Soyons plus ambitieux : cherchons la paix, une paix durable.
Meilleurs vœux pour une bonne année 2010 !
Vaccination ?
Par Clive Charlton, membre de l'EEL Matha
Faut-il se faire vacciner contre la grippe H1N1 ? Au moment où j’écris ces lignes le débat fait rage. Qu’en sera-t-il quand vous les lirez ? Peut-être verrons-nous plus clair… je l’espère.
Dans un débat entendu sur les ondes de France Info un spécialiste insistait sur le fait que se faire vacciner n’est pas seulement une question de santé personnelle mais aussi de santé publique. Plus nous serons nombreux à nous faire vacciner moins la grippe pourra se répandre. La vaccination est un geste citoyen ! Sans doute chacun décidera en fonction des conclusions qu’il tirera des nombreux arguments avancés. Une chose au moins est claire : nous avons le choix, un choix pour lequel nous sommes responsables. D’autres vaccinations ne posent pas tant de questions. La vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite est obligatoire et remboursée par la Sécurité Sociale !
Le Petit Robert indique qu’un vaccin est une « substance préparée à partir de microbes, virus ou parasites… qui, inoculée à un individu, lui confère une immunité contre le germe correspondant. » Une petite dose stimule nos défenses naturelles qui peuvent alors affronter la maladie si elle arrive.
Et je m’interroge : serions-nous, du moins beaucoup d’entre nous, vaccinés contre la religion chrétienne ? Une vaccination que nous n’aurions pas choisie mais qui ne serait pas moins efficace pour autant. La petite dose, presque tout le monde l’a eue : un peu de catéchisme, quelques cérémonies lors de fêtes ou de deuils… Et cette petite dose a plus que suffi… on n’en veut plus ! Alors on se dit non pratiquant ou incroyant. Mais a-t-on vraiment choisi ou était-on simplement vacciné ?
Noël s’approche. Tout le monde sait que derrière toutes les festivités qui s’annoncent et le folklore qui les entoure il est question de la naissance de Jésus. Serait-ce l’occasion de mettre de côté notre « vaccination religieuse » pour creuser un peu, chercher le vrai Jésus, un Jésus qui ne reste pas bébé mignon dans une crèche… un Jésus qui peut (et veut !) nous changer la vie ?
Une année à fruits
Par Clive Charlton, membre de l'EEL Matha
Après des années passées en ville je découvre à la retraite la campagne. Or, on m’explique que cette année est une « année à fruits ». L’année dernière il n’y avait rien sur les arbres, ou très peu, cette année les branches se ploient sous le poids. La générosité de nombreux amis fait que je n’ai pas mangé autant d’abricots, de cerises, de prunes, de poires, de pommes et de figues de ma vie ! Qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Aurons-nous une nouvelle année faste ? Personne ne le sait.
Il y a des moments favorables et il faut en profiter, qui sait ce que demain nous apportera ! Bien sûr il est possible d’abuser une telle approche de la vie mais il est vrai que certains moments favorables ne se reproduiront peut-être jamais et en profiter relève non d’un opportunisme malsain mais d’une sagesse élémentaire. Il serait dommage de ne pas profiter de l’abondance de fruit tant qu’il y en a !
Je me suis demandé si dans le domaine spirituel il n’y avait pas des « années à fruits » ; des moments favorables. Je pense que oui. Il y a parfois des événements qui nous bousculent : des choses positives, heureuses ; une naissance, un mariage, une réussite à peine espérée… Il y en a parfois d’autres plus difficiles, douloureuses : une maladie, un accident, un deuil… Il y a des années où de telles choses arrivent comme en série, positives et/ou négatives. Serait-ce alors une « année à fruits » ? Dieu serait-il en train de nous interpeller, de nous inviter à réfléchir, voire même de nous tendre les bras ? Il nous faut saisir ces moments avant que la bousculade de la vie nous emporte et nous accapare. Jésus se présente comme quelqu’un qui arrive chez un ami : « Voilà, » disait-il, « je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je mangerai avec lui et il mangera avec moi. » Entendons-nous le toc, toc ? La poignée est de notre côté… à nous d’ouvrir !
Lorsque j'ai choisi pour les vacances de lire "Histoire d'eaux et d'autres", c'est le nom de l'auteur qui m'a attiré. Je connaissais Alphonse Maillot, pasteur dans une petite ville de la terre ardéchoise qui m'a vu naître. C'était un pasteur parisien qui avait "atterri" dans la France profonde de l'après-guerre au milieu d'une population très terrienne et se relevant tout juste des blessures de la guerre. Ce n'était pas un couple pastoral ordinaire : lui était un grand pêcheur de truites, il a vite appris à connaître tous les coins poissonneux des torrents ardéchois ; sa femme se faisait remarquer par son talent sur le court de tennis parmi la bourgeoisie de la ville. Inutile de dire que les paroissiens étaient méfiants devant de telles pratiques et de plus Alphonse Maillot avait son franc parler et le chic de ne pas se prendre au sérieux. Il savait dénouer des situations parfois difficiles avec simplement une pointe d'humour.
>>> Pourquoi, j'ai aimé ?
J'ai lu d'un trait ce livre reposant, rien que du plaisir à savourer les mésaventures d'Alphonse Maillot avec ses paroissiens et aussi avec les truites, et même avec la hiérarchie de l'église réformée.
Malgré cet aspect détente, la lecture du livre nous fait toucher de près l'essentiel de son ministère. Il aimait Dieu, il aimait les hommes et admirait la nature.
Voilà de quoi vous relaxer pendant les jours de repos !!
Lorsque j'ai choisi pour les vacances de lire "Histoire d'eaux et d'autres", c'est le nom de l'auteur qui m'a attiré. Je connaissais Alphonse Maillot, pasteur dans une petite ville de la terre ardéchoise qui m'a vu naître. C'était un pasteur parisien qui avait "atterri" dans la France profonde de l'après-guerre au milieu d'une population très terrienne et se relevant tout juste des blessures de la guerre. Ce n'était pas un couple pastoral ordinaire : lui était un grand pêcheur de truites, il a vite appris à connaître tous les coins poissonneux des torrents ardéchois ; sa femme se faisait remarquer par son talent sur le court de tennis parmi la bourgeoisie de la ville. Inutile de dire que les paroissiens étaient méfiants devant de telles pratiques et de plus Alphonse Maillot avait son franc parler et le chic de ne pas se prendre au sérieux. Il savait dénouer des situations parfois difficiles avec simplement une pointe d'humour.
>>> Pourquoi, j'ai aimé ?
J'ai lu d'un trait ce livre reposant, rien que du plaisir à savourer les mésaventures d'Alphonse Maillot avec ses paroissiens et aussi avec les truites, et même avec la hiérarchie de l'église réformée.
Malgré cet aspect détente, la lecture du livre nous fait toucher de près l'essentiel de son ministère. Il aimait Dieu, il aimait les hommes et admirait la nature.
Voilà de quoi vous relaxer pendant les jours de repos !!